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L'espace public

prononciation prononciation exemple Je suis artiste visuel, je fais des interventions dans l'espace public, ça m'intéresse beaucoup comment les gens se rencontrent dans l'espace public. exemple J'ai envie de lier ghetto et grande-place. C'est une manière de parler de l'espace de vie et à la fois l'espace public pour moi. explication L'espace public par excellence, surtout à Bruxelles, est l'endroit où de par l'énorme diversité non seulement culturelle mais aussi sociale et les différentes âges, des personnes à mobilité réduite, avec ou sans papiers, avec ou sans diplôme, se croisent au quotidien potentiellement dans l'espace public. Je trouve qu'à Bruxelles on a encore jusqu'à présent gardé dans la majorité des quartiers quand-même la possibilité de vraiment avoir une énorme ouverture comparé à d'autres villes ou d'autres développements urbains. Je trouve qu'il y a un potentiel de rencontres énorme à Bruxelles, qui continue à exister. Dans ce sens-là il y a une ouverture. Spatialement, physiquement, mais aussi symboliquement il y a beaucoup de possibilités de continuer à se croiser, beaucoup d'endroits qui font croiser les gens, par leur fonction croisée, par des initiatives qui sont prises. Tu parles dans le cadre de ce que tu fais dans le contrat de quartier, nous avec ce qu'on fait avec Zinneke. Ce que je trouve très intéressant c'est de relier des espaces physiques et mentales et de renforcer cette possibilité de se croiser au-delà de ce qu'on connaît. Dans ce sens-là ghetto et grande-place, une des choses qu'on a très fortement découvert avec Zinneke pour le jour de la parade, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui viennent des quartiers, qui sont à peine à 500 m du centre ville, de la grande-place et qui viennent parce qu'ils ont un lien avec un enfant, ou un participant, un animateur lié au projet de la parade, qui viennent pour la toute première fois dans le centre ville et qui voient pour la toute 1ere fois, malgré le fait qu'ils habitent depuis des décennies à Bruxelles, la grande-place. Je trouve ça très touchant. On organise nos propres espaces.... et il y en a qui connaissent des périmètres qui sont extrêmement réduits, on le sait. Et il y en a qui voyagent d'une toute autre manière et qui peuvent se déplacer très loin, mais ça ne montre pas nécessairement une plus grande ouverture. commentaire Et aussi des protocoles, tu comprends des règles qui existent mais qui ne sont écrits nulle part. Il y a une connaissance qui est un peu caché parce qu'on ne sait pas où trouver la connaissance, mais on a quand-même cette connaissance. Comment tu circules avec d'autres gens. commentaire Je trouve que comment un espace est vécu, on ne prend pas assez de temps de manière générale, je trouve, à Bruxelles, de voyager à l'intérieur de ses propres espaces de vie, ses propres quartiers et c'est ça qui me plaît beaucoup à Bruxelles, il y a moyen de se balader sur sa propre grand-place dans son quartier et puis jusqu'à considérer certains quartiers plus huppés étant comme des grands ghettos. Ca c'est des voyages qui, je trouve, à Bruxelles sont sans fin. Il y a vraiment un potentiel incroyable qui chaque jour m'étonne encore très fort. commentaire Sur le constat je suis d'accord, il y a un potentiel d'espace, mais qui n'est pas effectif. Bruxelles est une ville très duale, en fait. Il y a vraiment une ségrégation. Les gens d'Uccle ne vont pas à Molenbeek, les gens de Molenbeek ne vont pas à Audergem. Il y a des vraies frontières symboliques et sociales. Des gens qui habitent au sud de Bruxelles ont peur de venir dans ma commune, p.ex. à Molenbeek. Même s'il existe le potentiel de croisement, en réalité les gens sont très très repliés sur eux-mêmes. Même si on a de belles expériences comme la Zinneke Parade où c'est une des rencontres interculturelles intergénérationnelles, vraiment de tout, ça reste quand-même des expériences qui sont inédites. Les gens ne se croisent pas à Bruxelles. Les gens ont peur de sortir de leur quartier. Même s'il y a ce potentiel, pour moi il y a vraiment une absence d'interaction très profonde. Les personnes qui sont dans ces interactions sont très minoritaires et on doit toujours essayer d'être un peu des ambassadeurs de relai, quoi. On va là-bas, l'autre vient voir un peu comment ça se passe ici. Je pense que c'est vraiment là aussi un des enjeux de notre ville. commentaire Pour revenir un peu sur la question de la dualité de ce potentiel de rencontres à Bruxelles, qui très souvent au niveau des clivages sociales n'existent pas, mais évidemment on est d'accord. Par contre, je pense réellement que ça dépend de quelle manière on regarde la ville et comment on est vraiment en lien et on est en contact au quotidien avec ce qui se passe réellement avec ce qui se passe avec les gens dans les espaces de vie. Dès qu'on va un tout petit peu loin on découvre vraiment très facilement partout, dans tous les quartiers de Bruxelles, des réels espaces de rencontres où des gens se connaissent, se parlent, se connectent, se confrontent, mais à la fois font des choses ensemble, même si c'est très light. commentaire Il y a des habitants ici dans le quartier. Pleins d'habitants, des gens très bien, aisé, mais qui n'occupent pas l'espace, qui ne vont pas acheter leur pain à la boulangerie de Mamidou ou de Mohamed, qui vont au Delhaize, rue Richard Vandevelde. Ce sont des amis à moi. Je ne les vois jamais sur l'espace public. Les gens ne gravitent pas. Certains sont venus ici, ont acheté ici parce que c'était pas cher, mais ne gravitent pas, ou ont cette inquiétude. Il faut les faire sortir, il faut les faire découvrir, et tout ça c'est du temps, c'est du travail et qui va le faire.

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